Résumé : ? A travers les brins d'herbe perc'aient violettes et 'illets. Recouvrant une sorte de digue rompue, des glycines ruisselaient sur les talus en cascades mauves. Dans les jardins s'e'panouissaient des pivoines en larges corolles blanches et pourpres. Au pied des murets, des iris dressaient leurs couronnes violettes et jaunes. Pinsons et chardonnerets s'en donnaient a' c'ur joie dans l'attente du retour proche des hirondelles. E'talant leurs derniers pe'tales blancs, les cerisiers riaient aux anges eux aussi et faisaient les fiers du haut de leur grande taille, toisant poiriers et pommiers des jardins, re'gulie'rement taille's et, pour certains, alourdis de rameaux de gui. Celui-ci s'amassait surtout sur les peupliers effile's des bords de Muse, parfois cuirasse's de lierre, semblables a' deux range'es de vigiles prote'geant un corte'ge liquide. C'e'tait le mai, le joli mai, le mai glorieux et primesautier, triomphe de la nature sur l'hiver rigoureux et triste. ?